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Avril 2005 : KARNA|ge|VAL de Paris J'ai participé à l'organisation du Karna(ge)val de Paris (09 avril 2005) : une manifestive qui a réunit 20000 personnes entre République et Nation pour prôner la convergence des luttes contre la marchandisation du secteur culturel et affirmer la créativité des pratiques culturelles amateurs et émergentes. La préparation de cette manifestation a eu lieu sur le forum de la Nuit des Meutes car le Karnageval était le prolongement direct de la Nuit des Meutes.
L'appel : Le Karnageval a choisi ce nom pour dénoncer le carnage dont la culture de ce pays est l'objet de la part des instances politiques et économiques.
Le Karnageval est une manifestive, et non un teknival urbain. Nous ne descendons pas dans la rue pour "faire pêter les sons", mais pour revendiquer la légitimité des pratiques culturelles amateurs et émergentes contre les logiques de marchandisation et de mise au pas de la culture.
Le Karnageval a pour vocation de créer des convergences : il n'est pas le lieu privilégié d'expression des sons de la techno des free-parties, mais un espace utopique et collectif où chacun doit avoir sa place, qu'il dispose de 20 Kw ou qu'il préfère défiler avec un violon, en récitant des poèmes, ou même sans agir du tout. Tous ceux qui assimileraient Karnageval et free party seraient dans l'erreur, même si la free party est l'un des éléments moteurs de cette initiative.
Le Karnageval est une manifestation revendicative PACIFIQUE : notre but n'est pas de détruire, mais de construire. Pas d'agresser, mais de convaincre. Pas de polluer Paris et d'ennuyer ses habitants, mais de leur donner de la joie et de l'espoir. Toute autre attitude, toute tentative de transformer cet événement en bataille rangée avec les forces de l'ordre ou en occasion de destruction serait totalement contraire à nos valeurs.
Bon karnageval, dans la joie et la bonne humeur, dans l'ironie et la critique, et dans la revendication légitime de nos valeurs et utopies ! Quelques photos : http://bizary.free.fr/karnageval.html Des prolongements... discutables : Même si le Karnageval s'était donné pour objectif principal d'opérer des convergences entre divers milieux socio-culturels, force est de constater que c'est essentiellement la techno des free parties qui a été la "force motrice" de l'événement, en tout cas le jour de l'événement. Car dans la pratique, de nombreux autres acteurs (universitaires, activistes divers et variés, autres champs musicaux et disciplinaires) ont été très actifs en amont de l'événement, lors de sa préparation. Mais le problème se situe bien plus au niveau des prolongements politiques de cet événement, dans la mesure où celui-ci n'a finalement profité qu'à une petite poignée d'activistes de la free party qui en ont profité pour légitimer leur position face au ministère de l'Intérieur en allant négocier avec ses représentants de manière très égoïste et contradictoire avec les objectifs du Karnageval. Qu'ont-ils porté comme discours auprès du ministère ? Celui de la convergence et des enjeux de la culture libre ou amateur ? Non : celui des revendications sectorielles de la free party, à savoir obtenir l'autorisation de porter à 500 le nombre légal des participants à leurs événements festifs... Ecoeuré par cette attitude à la fois politiquement irresponsable, humainement mesquine et bassement pragmatique, j'ai décidé au lendemain du Karnageval de ne plus rien avoir affaire avec les milieux de la free party et j'ai coupé les ponts avec la plupart de ses acteurs.
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